J'suis bizarre, du moins je crois, disons plutôt très solitaire et attachée à un amour unique, à une fusion, à quelques rares amitiés.
Depuis mon dernier billet, il s'est écoulé presque un mois, j'ai eu le temps d'en faire des choses dans tout ce mois, et pourtant je n'ai pas eu l'impression de bouger, écrasée dans le courant du métro-boulot-dodo.
J'ai fêté ma trentième année, presque dans le secret, seuls mes très proches l'auront su, dit ou s'en seront rappelé, c'était une journée fantastique, j'ai été émue, touchée…
Mais je dois bien l'avouer, le cap est difficile à passer… c'est sans doute très con mais je n'ai pu m'empêcher de penser une fois encore à quel point j'aurais aimé que nous ayons un enfant, par pur égoïsme pour nous, pour moi, être maman juste avant mes trente ans…
Je n'ai pu m'empêcher de repenser à ces mots que j'avais lancé en l'air il y a quelques années, lorsqu'un de mes collègues nous "payait un coup" pour la naissance de sa petite et lorsqu'on m'a posé la question de répondre sans réfléchir "quand j'aurai eu trente ans, je voudrai bien".
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à mes vingt ans, où j'étais dix ans plus tôt, ce que je faisais de mon temps… et puis je me suis dit "mince, après tout, il a raison".
"Il", c'est évidemment Malko qui m'a dit ce matin là "ma chérie, tu n'es qu'au quart de ta vie".
Voilà, je vivrai avec lui le reste de mes 90 années futures, je mourrai contre sa peau flétrie, après une dernière sieste crapuleuse ensemble, nos petits-enfants seront à la fois dégoûtés à l'idée de nous imaginer nus, intrigués de savoir comment Malko aura su hisser le drapeau mais je l'espère, ils seront surtout amusés et attendris de se dire qu'on se sera aimé une fois encore avant de partir…
D'ici là, j'ai encore une paire d'années de bonheur à vivre, je l'espère, je me le souhaite tiens, pour une fois… sans être persuadée, pour une fois, que ce ne sera pas possible.
J'ai trente ans, je suis folle amoureuse de mon mari comme de ma mère, j'ai un fils spirituel extraordinaire, de rares mais précieux amis, une situation professionnelle hasardeuse, des p'tits bouts, l'envie de porter et de mettre au monde le fruit de notre amour, et pour continuer à construire avec eux, elles, j'ai toute la vie devant moi.